L'éveil artistique de Christian d'Espic se fait au château familial de Folmont, dans le Lot, où il grandit entre un père aquarelliste, qui expose régulièrement au Salon des Artistes Méridionaux, et une tante écrivain. Dans la demeure séjournent parfois son cousin Georges d'Espagnat et de proches voisins tels Hans Hartung et Ossip Zadkine. Bien que son désir soit d'entrer à l'École des Beaux-Arts, il se plie à la volonté de ses parents qui l'envoient à Paris afin de suivre des études de médecine.


En 1930, il épouse Colette de Ginestet - auteur de l'ouvrage Jacques Villon Les Estampes Les Illustrations - et en 1933, le couple s'installe à Castres dans le Tarn.


À la fin des années 1930, Christian d'Espic réalise ses premières toiles et se rapproche de l'Atelier des Monges, un groupe de peintres réuni autour de Maurice Garrigues ; cet atelier deviendra l'Atelier 7.


Lors de sa présence militaire à Hanovre en Allemagne pendant la guerre, il se met à dessiner - grâce à des crayons trouvés par ses camarades dans une usine de couleurs détruite - les territoires dévastés et les charniers laissés par l'armée russe.


En 1946, l'artiste se lie d'amitié avec Jacques Villon qui séjourne dans le Tarn à La Brunié, demeure de la famille du peintre et décorateur André Mare. Il fait la connaissance d'Yves Alix à la fin des années 1940 et d'André Lhote au début des années 1950. Ces trois rencontres vont déterminer sa carrière artistique. À leur exemple, l'œuvre de d'Espic va trouver un subtil équilibre entre couleur et géométrie, et, désireux d'ajouter la lumière et le mouvement à sa vision des choses, il utilise des couleurs claires et applique des constructions picturales.


D'Espic étudie les ouvrages de Lhote sur la peinture et Villon l'initie à la gravure en lui livrant ses secrets techniques ; il trouve à son intention une presse à bras et le présente au tailledoucier Georges Leblanc. L'excellence de son œuvre fera dire à Villon à la fin de sa vie: "Continuez à travailler. Je passe la main. J'ai confiance en vous."


Invité à Saint-Tropez par Yves Alix, d'Espic découvre la Côte d'Azur en 1950, puis, incité par André Lhote qui séjourne régulièrement dans le Var, il acquiert en 1955 une maison à La Cadière-d'Azur. Pendant plus de vingt ans, le peintre produira dans cette région les tableaux majeurs de son œuvre. Chaque été, il recevra ses proches : Jacques Villon, Yves Alix, Yvonne Duchamp et bien sur André Lhote et Jacques Busse qui habitent le village. Marcel Duchamp et sa sœur Suzanne Duchamp lui rendront visite.


Dès 1951, il participe à de nombreux salons dont le Salon d'Automne où il devient sociétaire puis est admis membre du comité de la gravure. La Galerie Marcel Guiot à Paris organise ses premières expositions particulières de gravures en 1956 et de peintures en 1959. La Galerie 17 Vendôme présente une trentaine d'œuvres en 1961.


En 1957, l'artiste découvre Les Saintes-Maries-de-la-Mer et, jusqu'à la fin des années 1960, il se rend chaque année en Camargue afin de peindre sur le motif. Dans son atelier de Castres, de 1964 à 1977, il étudie régulièrement en peintures et en gravures deux sujets récurrents : les Hommes volants (parachutistes) et les Plongeurs sous-marins.


En 1972, Christian d'Espic est invité en résidence à la Fondation François Desnoyer de Saint-Cyprien. Les deux artistes, qui se sont rencontrés au début des années 1950, entretiennent une relation amicale et se retrouvent ponctuellement. La même année, il réalise deux portraits gravés du maître tapissier et ami Dom Robert qui vit et travaille à l'Abbaye d'En-Calcat, non loin de Castres.


A Paris, en 1976 et 1986, sont organisées deux importantes expositions de peintures et de gravures par la Galerie Robert Guiot et la Galerie Jean-Pierre Joubert qui soutiendra le travail de Christian d'Espic pendant plus de vingt ans. Après son décès, deux rétrospectives sont organisées : l'une par la ville de Castres, en 1979, au Musée Goya et à la Bibliothèque Municipale, l'autre par la ville de Toulouse, en 1991, au Musée des Augustins.


Ses œuvres figurent dans des collections publiques à Paris, Albi, Carcassonne, Castres, Genève, Toulouse, ainsi que dans de nombreuses collections privées en France, aux États-Unis, au Maroc, au Royaume-Uni, en Suisse.